Témoignage
Jacque Chirac

Message de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, adressé à M. Thierry CORNILLET, président du parti radical, pour le 10e anniversaire de la disparition d'Edgar FAURE

Paris, le 30 mars 1998
Monsieur le Président,
Cher ami,

Vous savez l'amitié que j'avais pour Edgar Faure. Aussi, je tiens à m'associer à l'hommage que ses amis du Parti radical, réunis autour de son épouse et de sa famille, rendent à sa mémoire, en ce dixième anniversaire de sa disparition.

Edgar Faure demeure l'une des figures de la IVe et de la Ve République. Sa personnalité, son originalité et l'extraordinaire éventail de ses talents auront marqué son temps.
Une intelligence étincelante, un esprit libre, capable de pressentir toutes les évolutions, le faisaient se tourner vers des perspectives nouvelles, dont l'audace pouvait étonner. C'est qu'il fut un véritable moderniste, et même un visionnaire.

Son immense culture, son éloquence redoutable, la virtuosité avec laquelle il utilisait mots et formules servaient merveilleusement la profonde rigueur intellectuelle de l'agrégé de droit romain et de l'historien qui devait entrer à l'Académie française.

Il avait été avocat à vingt ans, député à trente-huit, ministre à quarante et un ans, président du Conseil à quarante-quatre ans. Cette expérience exceptionnelle acquise dans le long exercice de plus hautes responsabilités, il aimait en faire profiter les jeunes qui s'intéressaient à la politique. Nous somme un certain nombre à nous souvenir que nous devons beaucoup à cet homme aux idées hardies et généreuses, qui s'enthousiasmait des tâches à accomplir et dont la dernière mission - veiller au bicentenaire de la Révolution française - aura été, pour cet érudit malicieux qui voulait "éveiller le dormeur", comme un symbole.

En me joignant à vous par la pensée, j'adresse à sa mémoire un salut reconnaissant et affectueux.

Bien amicalement vôtre,
Jacques CHIRAC

Monsieur Thierry CORNILLET
Président du Parti radical
1, Place de Valois
75001 PARIS